Intelligence artificielle faible et forte

Quels sont les deux types d’intelligence artificielle et en quoi les distingue-t-on ?

L’intelligence artificielle faible vise à reproduire grossièrement les résultats d’une réflexion humaine, elle simule l’intelligence et n’est pas réellement capable de penser. Même si elle tend à être plus autonome qu’une simple suite d’algorithme, son but est de répondre à des problèmes pour lesquels elle est préprogrammée. En effet une intelligence artificielle faible est généralement spécialisée dans un domaine et ne peut s’adapter à des situations qui lui sont inconnues. Une machine douée de ce type d’intelligence peut certes exceller, mais uniquement dans son champ d’activité. Nous sommes actuellement capables de créer ce type d’intelligence qui dans certains cas peuvent dépasser les capacités de l’Homme. Par exemple, le programme AlphaGo développé par DeepMind (filiale de Google) a battu le un grand champion au jeu de go. Un jeu d’ailleurs très difficilement appréhendable pour une intelligence artificielle, pour cause : le très grand nombre de positions et de placements possibles des pierres sur le goban.

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Jeu de Go – Wikipedia.org

D’autres entreprises ont développé des robots doués de ce type d’intelligence : on peut citer l’androïde Sophia. Celui-ci vise imite le comportement humain et n’est pas intelligent à proprement dit. L’Homme tente donc de faire évoluer ces systèmes en les rendant de plus en plus autonomes et « tout-terrain » (adaptatifs) grâce à des réseaux de neurones. Associés à une grande puissance de calcul, ils permettent de simuler une réflexion schématiquement et grossièrement semblable à celle l’homme.


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Her (film), le protagoniste et une intelligence artificielle éprouvent des sentiments l’un pour l’autre – Youtube.com

L’intelligence artificielle forte quant à elle doit être douée d’intelligence au sens propre, c’est-à-dire d’une faculté de compréhension et de raisonnement totalement autonome. Bien plus encore : elle doit être consciente. Ainsi la machine sera capable de penser voire d’éprouver des sentiments et de connaitre de réelles émotions, des capacités donc identiques à celles de l’Homme. L’avancée fondamentale et l’atout premier d’une intelligence artificielle forte résiderait dans son système d’apprentissage qui lui permettrait de comprendre n’importe quel concept par elle-même sans aucune intervention. En effet, il ne s’agirait pas ici d’effectuer et d’interpréter des opérations logiques et mathématiques, la machine pourrait être capable d’acquérir des concepts totalement abstraits et qui sont donc pratiquement impossible à modéliser mathématiquement. Cet apprentissage lié à une grande puissance de calcul pourrait alors lui permettre d’emmagasiner de nombreuses informations de tout type mais aussi de s’auto-entretenir. Cependant, ce type d’intelligence artificielle reste encore impossible à réaliser aujourd’hui. Elle représente néanmoins un grand enjeu puisqu’elle pourrait amener des solutions dans une infinité de domaine et c’est pourquoi elle suscite tant d’intérêt (tant pour un individu quelconque qui s’intéresse à ce sujet souvent représenté dans le cinéma, que pour les chercheurs en science et en informatique).

Notre conscience a un support biologique et non matériel, et elle n’est pas physique en elle-même, ce fait représente donc la principale limite du projet de l’intelligence artificielle forte. Si cette étape est franchie, une machine serait alors à même de réussir le fameux test de Turing.

Test de Turing

Ce dernier revient à déterminer si une machine peut penser et repose sur la faculté de la machine à imiter la conversation humaine. Pour cette expérience, on place un humain (A) dans une pièce isolée de 2 autres individus (B et C, l’un étant un humain et l’autre une machine). L’humain A engagera une conversation avec B et C par l’intermédiaire de terminaux. Finalement il devra déterminer avec certitudes quelles réponses proviennent de la machine. S’il n’y parvient pas, on considère que la machine a réussi le test avec succès et on peut alors dire qu’elle est intelligente.

Même si cette barrière est impossible à franchir aujourd’hui, certaines entreprises telles que Google développent des programmes qui tendent vers l’intelligence artificielle forte dans la mesure où ils parviennent à s’auto-entretenir et à s’améliorer d’eux-mêmes. En effet, ces programmes exploitent des réseaux de neurones permettant l’utilisation du Deep Learning. Ces techniques sont utilisées dans des domaines difficilement appréhendable pour une machine tels que la reconnaissance d’image.


Sources :
http://www.automatesintelligents.com/echanges/2008/jui/dossieria.html
https://sites.google.com/site/int3llig3nc3artifici3ll3/une-opposition-entre-ia-forte-et-ia-faible
http://www.intelligenceartificielle.fr

Nicolas Jorif

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